2012 : une alternance pour inverser la courbe du chômage des jeunes

Jeudi 18 août 2011

pole emploiEMPLOI. Quand les mesures s’empilent mais que les effets se font attendre. Retour sur la politique menée par Nicolas Sarkozy pour contrer le chômage des moins de 25 ans.

En France, le chômage est en augmentation pour le deuxième mois consécutif. La publication des chiffres du mois de juin par le ministère du Travail et Pôle emploi est sans ambiguïté.

Il est clair que la politique menée par le gouvernement Sarkozy/Fillon ne répond pas au problème. Ce constat fait, étudions ce qui a été fait par le patron de l’UMP.

Prenons l’exemple du chômage des jeunes qui reste dans notre pays un point noir. Entre 2003 et 2009, le chômage des 15-24 ans a augmenté passant de 18,3% à 21,2%. Autre chiffre : selon l’OCDE, le taux d’emploi des jeunes en France était de 30,8% fin 2010, soit près de 7 points de moins que la moyenne des pays riches et 3 de moins que la moyenne européenne.

Revenons sur les choix de Nicolas Sarkozy et sur la chronologie.

Février 2008, Nicolas Sarkozy lance le « plan banlieue » avec son ministre Jean-Louis Borloo et la secrétaire d’État Fadela Amara. Objectif : réduire le chômage en particulier celui qui touche plus de 40% des jeunes des cités. « C’est 100.000 jeunes que nous allons accompagner vers l’emploi dans les trois prochaines années. »

Premier échec, avec 250 millions d’euros sur trois ans, les « contrats d’autonomie » ne répondent pas aux besoins : « On en est à près de 2.300″, reconnaît à l’époque Fadela Amara, au lieu des 4.500 prévus pour la fin 2008.

Peu importe. Un an plus tard, le 24 avril 2009, le président Sarkozy récidive dans l’effet d’annonce : au cœur de la crise, il lance le plan d’urgence pour l’emploi des jeunes qui encourage les entreprises à embaucher en alternance (exonération de charges pour l’employeur). « D’ici juin 2010, notre objectif c’est d’aider 500.000 jeunes à trouver un emploi et une formation. »

Preuve de l’inefficacité de ces deux premières annonces, le 29 septembre 2009 à Avignon, le chef de l’État annonce un nouveau plan, « Agir pour la jeunesse » piloté par Martin Hisch… « Il nous faut à nous adultes, responsables, leur tendre la main et trouver ce qui est très difficile, les moyens d’une politique de la jeunesse qui ne soit pas de l’assistanat mais qui permette à chaque jeune de se construire un avenir. »

Parmi les mesures annoncées, le fameux « RSA Jeune », une allocation pour les moins de 25 ans aux conditions d’accès si complexes que seuls 9.000 jeunes en bénéficient contre les 150.000 attendus !

Six mois plus tard, sur le plateau « Paroles de Français » sur TF1, Nicolas Sarkozy lance un nouveau train de mesure… « Nous allons augmenter le nombre de contrat pour les jeunes des quartiers, de manière que eux aussi puissent avoir une formation qualifiante et un emploi ; c’est un plan sans précédent, que nous engageons. »

Pas vraiment de succès pour toutes ces mesures. Alors, en mars 2011, Nicolas Sarkozy présente les grandes lignes de sa réforme de l’apprentissage qui doit conduire, selon ses chiffres, à faire passer le nombre de jeunes formés par l’alternance de 600.000 à 800.000 en 2015 et même « un million à terme » !

Dernier coup de Nicolas Sarkozy, le 18 juillet 2011 : il charge l’ancien secrétaire d’État à la coopération Alain Joyandet d’une mission « sur le développement de l’emploi des jeunes« .

En fait, Nicolas Sarkozy et François Fillon empilent les mesures sans succès. La majorité présidentielle n’a pas saisi la gravité de la situation et c’est toute une génération qui est imprégnée par cette précarité. D’ailleurs, même les jeunes diplômés ont des difficultés à trouver un emploi. La seule différence avec ceux qui manquent de formation : ils restent moins longtemps au chômage !

Au Parti socialiste, le projet présidentiel propose la création de 300.000 « emplois d’avenir » dont certains dans le secteur du développement durable, mais aussi un dispositif anti-précarité (encadrement strict des stages, extension du RAS pour les jeunes de moins de 25 ans en fin de droits, limitation des contrats précaires).

De son côté, le favori des sondages à gauche, François Hollande, a mis au cœur de son projet la jeunesse. Il est le seul candidat à porter ce sujet aussi fortement. Il a d’ailleurs proposé une mesure que je trouve très intéressante : permettre à un jeune de bénéficier de l’expérience d’un sénior, le « contrat de génération ». Cela permettrait de lier les âges, en proposant à tout employeur, dès lors qu’il emploierait un sénior et un jeune de moins de 25 ans, d’être exonéré de cotisations sociales sur ces deux contrats… L’intergénérationnel par le travail !

En 2012, nous aurons le choix de l’alternance… Mon choix est fait. Et vous ?

_Billet publié le 4 août 2011 sur LePlus.NouvelObs.com

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