Des sardines, une fourchette, un couteau : l’insécurité ronge t-elle Marseille ?

Lundi 30 juin 2008

Samedi 28 juin au soir, alors que le fête bleue bât son plein en centre ville, d’autres préfèrent la quiétude d’une sardinade en bord de mer, dans le petit port de pêche de la Madrague de Montredon (8° arrondissement de Marseille, près des calanques). C’était sans compter un coup de couteau, une bagarre, la panique dans le petit port, au restaurant chez Aldo tout proche et une course poursuite entre « deux bandes rivales » selon le quotidien La Provence du lendemain.

Justement, dans La Provence du dimanche 29 juin 2008, on y lit dans la rubrique Faits divers, toute l’histoire : Deux bandes se sont affrontées, hier soir peu avant minuit, à la Madrague de Montredon (8e) à Marseille. Un jeune a été hospitalisé après avoir pris un coup de couteau, un autre a eu le nez cassé. Les policiers de la Bac sont intervenus rapidement pour tenter de ramener le calme mais, à leur tour, ils ont été pris à partie et leur véhicule a été endommagé. Aucune précision supplémentaire le lundi.

L’histoire et les raisons exactes sont confuses. Il s’agirait d’un règlement de compte après une tentative de vole d’un scooter durant l’après-midi, par des jeunes de la cité La Caillole. Ils seraient revenus dans la soirée lors de la sardinade de quartier et au restaurant Chez Aldo, où les choses auraient dégénérés.
Pendant plus de 2 heures, 5 cars de CRS, plusieurs voitures de police et de la BAC (Brigade anti-criminalité) se sont retrouvés devant la cité de la Verrerie, à quelques centaines de mètres du port de la Madrague de Montredon. Des CRS en tenue anti-émeute se sont déployés à l’entrée de la cité, pendant que la BAC, flash ball et armes au poing étaient à la recherche des auteurs présumés de la rixe et du coup de couteau…

Les marseillais venant des Goudes vers le centre-ville ont été bon pour attendre durant plus d’une heure trente, voir 2 heures pour certains, sans vraiment savoir ce qu’il se passait. La liaison de bus RTM a été interrompue, laissant une dizaine d’usagers sans moyens de locomotion et sans information.
bac13-madrague.jpg Outre une panique monumentale au niveau de la circulation à une heure avancée de la soirée, on pouvait observer les habitants du quartier de la Madrague sur le pas de la porte, certains amusés buvant l’anisette et le rosé, d’autres comme cette dame paniquée, qui venait d’enterrer quelques heures auparavant son mari et qui n’avait plus de nouvelles de son fils. Une voiture de la BAC (cf photo), vitre arrière exposée, un camion des marins-pompiers en travers de la route et beaucoup de monde dans la rue, curieux de connaître les raisons de ce grand bordel nocturne.

Quand on sait que Marseille est en tête du « hit-parade » des villes les plus exposées à la violence (12,67 actes de violence pour 1000 habitants – chiffres publiés le 24 juin 2008) et que la municipalité de Jean-Claude Gaudin (UMP) n’est pas très fière de son bilan sur ce sujet, on peut donc se questionner sur la façon lapidaire avec laquelle cet événement a été traité. Il n’est pas anodin pourtant.
Toujours dans le même quartier, il y a 15 jours, c’est un agent de la Mairie de Marseille qui a été tué par un chauffard toujours en fuite.

Oui, il existe un vrai problème de violences et d’insécurité à Marseille. Le président du groupe Faire gagner Marseille au Conseil municipal Patrick Mennucci avait alerté le Maire de Marseille et les autorités en publiant le 24 juin dernier, un communiqué de presse qui précisait : « un sentiment de désespoir est en train de naître (…) La sécurité est une cause qui mérite l’union sacrée et des efforts budgétaires plus importants« .

Il faut arrêter de se voiler la face, il y a des problèmes d’insécurité à Marseille mais les pistes existent et doivent rapidement être débattues et mises en oeuvre.

Par exemple :
- la modernisation, le renforcement et le cantonnement de la police municipale dans tous les arrondissements de Marseille,
- la mise en place très rapide de la vidéo surveillance dans tous les points les plus criminogènes de la ville,
- la remise à niveau des effectifs de la police nationale qui sont plus faibles aujourd’hui qu’en 1983, avec une police de proximité, mais aussi,
- un soutien amplifié à toutes les structures de prévention et d’animation comme les centres sociaux et les lieux d’éducation populaire,
- et l’application stricte des lois sur la consommation d’alcool sur la chaussée.

Bref, vous avez remarqué qu’il se passe toujours quelque chose à Marseille, la nuit comme le jour, dans les quartiers sud comme dans les quartiers nord et c’est aussi pour ça qu’on aime Marseille, cette ville qui vit avec et pour ses habitants.

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