Turquie, Ă qui le tour ?
« Intellectuels turcs, le retour de la peur ». C’est le titre de l’article que j’ai lu aujourd’hui en page 8 du quotidien LibĂ©ration. Cet article de Marc SĂ©mo, est accompagnĂ© d’une photo de la marche nationaliste qui s’est dĂ©roulĂ©e il y a quelques jours Ă Istambul, en rĂ©action Ă la mobilisation lors des obsèques de Hrant Dink.
Au cas oĂą certains auraient oubliĂ© la Turquie profonde, nationaliste est toujours lĂ , bien prĂ©sente. Erdogan lui mĂŞme dans une confĂ©rence de presse reconnaĂ®t la rĂ©alitĂ©, dĂ©jĂ depuis l’Ă©poque Ottomane, de « l’existence d’une Etat profond que l’on pourrait dĂ©crire comme des gangs infiltrĂ©s au sein de l’organisation Ă©tatique« .
Dink est mort. Pamuk, Prix Nobel de LittĂ©rature vient de quitter la Turquie. Il s’est sauvĂ© aux Etats-Unis pour une durĂ©e encore inconnue. La raison, vous avez devinĂ©, c’est une question de sĂ©curitĂ©. La Turquie n’est plus capable de faire respecter la sĂ©curitĂ© sur son territoire, elle n’est pas capable de faire reculer la peur chez les intellectuels et les libres penseurs. MĂŞme le Prix Nobel de littĂ©rature est obligĂ© de partir, craignant pour sa vie et celle de sa famille.
Toujours dans cet article de LibĂ©, je lis que la mobilisation, en France, sur la question de la reconnaissance du gĂ©nocide armĂ©nien est source de paranoĂŻa pour une partie de l’opinion turque. On va maintenant me faire croire que la mort de Dink est de notre faute ou que la fuite de Pamuk est de notre faute ?
Non, il ne faut pas confondre les choses. La diaspora est dans son rĂ´le, la diaspora est complĂ©mentaire de l’action des autoritĂ©s de la RĂ©publique d’ArmĂ©nie, et la diaspora doit garder son positionnement. La Turquie doit changer, nous devons l’aider Ă changer. L’Europe a d’ailleurs de grandes responsabilitĂ©s dans cette histoire… j’aurai l’occasion d’en reparler.


"Menacé, Pamuk se réfugie aux États-Unis"
VoilĂ un lien intĂ©ressant sur le dĂ©part d’Orhan Pamuk en AmĂ©rique.
http://www.lefigaro.fr/internati...
C’est la question que pose en conclusion de son livre RaphaĂ«l Stainville dans son livre enquĂŞte "Pages de sang" paru ces jours derniers. Il montre que tant que le gĂ©nocide armĂ©nien ne sera pas reconnu par la Turquie, crimes et assassinats des armĂ©niens et autres chrĂ©tiens continueront.